Viande de renne : un marché de niche très flou
Selon un article de Radio-Canada publié la semaine dernière, la viande de renne sera un produit potentiel à considérer pour les épiciers dans un avenir proche. Toutefois, des incertitudes demeurent.
Le projet en cours, mené dans les Territoires du Nord-Ouest (TNO) par La Société régionale inuvialuite (SRI), qui détient le troupeau de rennes depuis 2021 et compte aujourd’hui près de 7000 têtes, vise à créer une chaîne de commercialisation pour que le renne canadien atteigne les tablettes.
Une subvention fédérale du Programme canadien des priorités stratégiques de l’agriculture permettrait ainsi à la SRI d’élargir ses activités au-delà de la communauté locale. Le financement servira notamment à bâtir une installation d’emballage répondant aux normes de vente au détail. L’ouverture est prévue d’ici l’automne 2027.
Une chaîne d’approvisionnement à mettre sur pied
L’enjeu se situe maintenant sur la chaîne d’approvisionnement : sous quelles formes la viande de renne peut-elle être commercialisée (sous vide, partiellement transformée, etc.) ? Par ailleurs, des questions sur les quantités disponibles et la régularité de l’approvisionnement se posent. Un seul troupeau pour servir potentiellement tout le Canada reste assez ambitieux.
L’autre variable, si ce n’est la plus importante à considérer, c’est le prix fixé en magasin, compte tenu des capacités de production limitées.
Des clients à aller chercher
Y a-t-il un marché pour ce type de produit ? Pour les détaillants intéressés, il va falloir le créer en jouant sur le produit unique, associé au Nord canadien et aux peuples Autochtones et l’intégrer comme un produit événementiel ou occasionnel.
Le chemin sera long pour proposer de la viande et des sous-produits de renne dans les rayons frais et congelés à la manière des supermarchés en Finlande. La culture culinaire ne se dicte pas.
Au Québec, une étude de faisabilité de la commercialisation de la viande et des sous-produits du caribou réalisée dans les années 80 mentionnait un marché quasi inexistant. Même 40 ans plus tard, est-ce que cela a vraiment changé ?