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Crédit photo: Aliments du Québec

Les représentants de l’industrie plaide pour un achat local structurel et non conjoncturel

8 septembre 2026 | Par Bastien Durand

L’actualité économique et la politique internationale font de l’achat alimentaire local un étendard conjoncturel au Québec. Mais si les crises récentes, comme la pandémie ou les tensions commerciales avec les États-Unis qui n’en finissent pas sous l’ère Trump 2, provoquent des pics d’intérêt temporaires, ces dernières forgent aussi petit à petit les fondations pour des réflexes de long terme.

Pendant la pandémie, on se souvient notamment de l’initiative Panier Bleu qui visait à soutenir les commerçants d’ici. Si l’initiative a disparu depuis, elle a contribué à poser des jalons de réflexion alors que le Québec et le monde entier connaissaient un confinement jamais vu avec la fermeture de frontières.

Les certifications soutenues financièrement par le gouvernement (Aliments du Québec) et les repères visuels en magasin solidifient chaque jour la dimension structurel de l’achat local dans les épiceries, sans oublier les serres de fruits et légumes qui poussent comme des champignons depuis une dizaine d’années un peu partout dans la province.

Autour des organismes certificateurs Aliments du Québec et les Produits du Québec, l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ), le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) et le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) unissent leurs voix pour inviter les Québécois à faire de l’achat local un réflexe durable, au-delà donc des tensions commerciales actuelles avec notre partenaire économique majeur.

Dans un communiqué de presse qui sert de manifeste, les cinq organisations lancent un appel aux consommateurs, aux détaillants, aux manufacturiers et aux producteurs : « Plutôt que de consacrer son énergie à chercher les produits et des aliments à bannir, il faut apprendre à connaître, à reconnaître et à adopter pour de bon ce qui vient d’ici. »

« Les solutions recherchées existent déjà »

Les aliments et les produits québécois sont présents dans pratiquement toutes les catégories de consommation et pour tous les budgets. « Les solutions recherchées par les consommateurs existent déjà », mentionne le communiqué qui met de l’avant les logos jaune et bleu propres aux deux organismes certificateurs.

Mais les détaillants ont aussi un rôle à jouer en matière de visibilité. « Ils peuvent rendre ces produits plus visibles et privilégier des marques de certification reconnues », peut-on lire. Pour Pierre-Alexandre Blouin, le président-directeur général de l’Association des détaillants en alimentation du Québec, « les détaillants contribuent à faciliter ce choix [l’achat local] en faisant une place aux produits locaux et en les mettant en valeur. »

« On ne peut pas, d’un côté, demander aux Québécois de privilégier l’achat local et, de l’autre, laisser nos commerçants affronter une concurrence qui ne joue pas selon les mêmes règles. Si nous voulons faire de l’achat local un réflexe durable, il faut aussi donner à nos détaillants les moyens de demeurer compétitifs. Acheter local, oui. Mais il faut aussi le protéger pour vrai », a réagi pour sa part Damien Silès, le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail.

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Mots-clés: Québec