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Crédit photo: Scott Warman / Unsplash
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L’avenir des vins québécois en épicerie est-il menacé ?

3 mai 2021 | Par Sophie Ginoux

Le récent dévoilement de l’entente survenue entre le Canada et l’Australie dans le conflit commercial qui les opposait sur le vin touchera de plein fouet le prix des vins québécois en épicerie, ce qui inquiète les producteurs comme les détaillants.

Suite à une plainte déposée en 2018 par l’Australie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), soutenue par plusieurs autres pays producteurs de vin, qui dénonce le fait que plusieurs provinces canadiennes favorisaient les producteurs locaux de vin en ne leur faisant pas payer la majoration de la SAQ dans les épiceries et dépanneurs, de longues négociations ont abouti à une entente négociée cet hiver.

Dévoilée au grand public depuis quelques jours, cette dernière prévoit l’instauration de frais pour les vins locaux vendus dans les épiceries et les dépanneurs à compter de décembre 2023. Or, cette taxe pourrait atteindre 6 $ par bouteille, une somme considérée trop importante par les viticulteurs, les épiciers et les dépanneurs du Québec pour assurer la viabilité de leur collaboration débutée depuis 2016 et qui s’avérait de plus en plus fructueuse.

« À moins que le Québec donne des subventions, c’est fini le vin québécois dans les épiceries », a d’ailleurs indiqué à La Presse Marc André Gagnon, journaliste et chroniqueur sur le site VinQuebec.com. Selon lui, si rien n’est fait pour aider indirectement les producteurs, ces derniers préféreront vendre leurs vins à leur domaine ou, à taxes égales, voir leurs produits sur les étals de la SAQ, puisqu’ils ne seront plus du tout concurrentiels par rapport à leurs concurrents étrangers dans les épiceries.

Un avis partagé par l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ), dont le président-directeur général Pierre-Alexandre Blouin a avoué que « si le client a le choix entre un vin australien à 12 $ et une bouteille québécoise à 27 $, ça va être difficile ».

Intervention possible du gouvernement

Interpelé par le Conseil des vins du Québec (CVQ) et l’ADAQ, le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec Pierre Fitzgibbon se dit conscient de cet enjeu, mais refuse pour l’instant de se prononcer quant à une éventuelle compensation ou aide accordée aux vignerons québécois. « On va limiter les dégâts. On va trouver une façon », a-t-il indiqué en entrevue à La Presse. Les programmes qu’on va mettre en place d’ici un an, un an et demi vont au moins atténuer les choses. »

De son côté, le budget fédéral prévoit 101 millions de dollars répartis sur deux ans pour « aider les établissements vinicoles à s’adapter aux défis actuels et émergents ». Mais cette somme, répartie à l’échelle canadienne, ne pourra pas à elle seule compenser le manque à gagner des viticulteurs. Le doute plane par conséquent concernant l’avenir, jusqu’à présent prometteur, des vins québécois dans nos épiceries et dépanneurs.

Mots-clés: Canada
Québec