Malgré une chute, la rémunération en épicerie se porte bien
Le salaire horaire moyen des employés d’épiceries et de dépanneurs a chuté de façon importante depuis un an, alors que les taux de chômage sont remontés et que les postes vacants ont été pourvus.
En septembre 2025, le salaire brut moyen incluant les heures supplémentaires des épiciers (tous postes confondus) était de 29,90 $ au Québec, selon les données de statistique Canada. Il s’agit d’une baisse de 6,46 $ par rapport à son sommet d’août 2024 et une baisse de 17 % en 13 mois.
Une situation similaire à celle qui prévaut dans le reste du pays où le salaire moyen était de 30,38 $ en septembre soit 4,82 $ de moins qu’à son sommet historique de juin 2024 atteint 15 mois plus tôt.
Cette baisse serait principalement causée du fait que l’industrie a réussi à pourvoir plusieurs postes non qualifiés, comme des postes d’emballeurs ou de caissiers qui étaient vacants depuis plusieurs mois. Ce type de travailleurs, qui sont faiblement rémunérés viennent mathématiquement diminuer les moyennes.
Ces nouveaux travailleurs ont aussi possiblement permis de réduire le recours aux heures supplémentaires, généralement payés à temps et demi ou à temps double, ce qui en retour a fait baisser les rémunérations moyennes. Par contre, le nombre d’heures travaillées en moyenne par les employés de l’industrie n’a que très peu baissé durant la période – 38,7 heures par semaine en septembre 2025 au Québec contre 39,2 en août 2024 – suggérant que la baisse des heures supplémentaires n’est pas le principal facteur derrière cette diminution de la rémunération.
On peut noter aussi que la plus grande disponibilité de la main-d’œuvre a possiblement permis aux employeurs d’accorder des plus petits salaires à leurs nouveaux employés qu’ils ne le faisaient au cœur de la pénurie de main-d’œuvre.
Toujours au-dessus de l’inflation
Malgré tout, les salaires ont tout de même augmenté plus vite que l’inflation au cours des cinq dernières années au Québec. En effet, si la rémunération n’avait évolué qu’en fonction de la hausse du coût de la vie, le salaire moyen dans l’industrie serait aujourd’hui de 27,55 $ de l’heure, soit 2,30 $ de moins que son niveau actuel. Les salaires ont donc crû de 8,3 points de pourcentage plus rapidement sur cinq ans que s’ils avaient simplement suivi l’inflation.
Les niveaux de rémunération dans l’industrie du détail alimentaire sont toutefois particulièrement volatiles par rapport à d’autres types d’industries. Si les prochains mois devaient être difficiles sur le plan économique et que les taux de chômage restent haut, il est tout à fait possible que cet écart avec la hausse du coût de la vie s’évapore.