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Crédit photo: Archives le Soleil
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Les grosses bannières prennent-elles la place des épiceries de quartier ?

11 février 2025 | Par Bastien Durand

L’exemple de Maxi est parlant. Habituée aux grands entrepôts, l’épicerie à rabais mise désormais davantage sur des petites surfaces de vente avec des choix de produits plus restreints. En lien notamment avec la conversion de certains Provigo en cours, près de la moitié des ouvertures prévues de Maxi seront des magasins de 12 000 à 15 000 pieds carrés environ.

Des implantations plus faciles

Dans les centres urbains, et notamment à Montréal, cette stratégie est d’autant plus intéressante pour se positionner dans le marché. Par exemple, la chaîne prévoit s’installer dans un ancien magasin de meubles de la plaza Saint-Hubert et sera le seul gros joueur dans cette rue commerçante du quartier de Rosemont.

Le consommateur a l’avantage d’y retrouver la majorité des produits qu’il achète au quotidien (même si la diversité est réduite), et il y passe moins de temps comparé aux succursales de banlieue. Et c’est ce que les gens pressés recherchent, surtout en ville. Super C, qui suit la même stratégie que Maxi, mentionne qu’elle propose 35 % plus de produits sur les tablettes de ses magasins « traditionnels ».

L’objectif des bannières est d’aller chercher un autre type de clients. Ces magasins, qui n’ont parfois pas de stationnement attenant, visent une clientèle de piétons ou de personnes qui utilisent les transports en commun. Au Québec, Maxi compte déjà 15 magasins de ce type et prévoit sept ouvertures en 2025. Super C en exploite une vingtaine à travers la province.

Une demande croissante

Les grosses enseignes de l’alimentation répondent à une demande urbaine en hausse. Dans un sondage Léger commandé par le CCCD en 2024, 86 % des Québécois étaient enclins à acheter des produits à prix réduit ou en promotion. Les bannières en prennent bonne note et vont chercher leur vivier de clients partout où elles peuvent.

Mais il y a de la place pour tout le monde. Si certaines épiceries de quartier ont des difficultés ou ferment par manque de rentabilité, comme récemment la célèbre épicerie JA Moisan à Québec, les propriétaires doivent s’adapter. Ils n’ont pas le choix. De plus en plus de recherche et développement se pratique dans la gestion des achats pour aller chercher le meilleur rapport qualité prix des produits sur les tablettes. Certains n’ont pas de système de commandes automatique d’inventaire et s’ajustent pour garder des prix abordables, quitte à avertir le client qu’un produit n’est plus disponible temporairement.

Les chiffres d’affaires réalisés par certains commerçants montrent que leur service à la clientèle personnalisé fait encore la différence et leur popularité auprès des consommateurs. Même si les grosses bannières parviennent à se tailler une place à côté des épicerie de quartier, elles n’ont pas la volonté d’offrir les mêmes services ni la même proximité.

Mots-clés: Québec