L’épicerie en croissance, le dépanneur recule
Il y avait 10 523 commerces de détail alimentaire au Québec à la fin de 2025, selon les données recueillies par le Comité sectoriel de la main-d’œuvre du commerce de l’alimentation (CSMOCA).
Environ le tiers d’entre eux (34 %) était des épiceries et supermarchés, suivis de près par les dépanneurs (29 %). Le reste du secteur étant occupé par des boulangeries-pâtisseries (10 %), boucheries (6 %), confiseries et détaillants de noix (3 %), marchés de fruits et légumes (3 %) et poissonneries (1 %). Les 14 % restants regroupaient des détaillants en alimentation spécialisés qui n’appartenaient à aucune des catégories susmentionnées.
Mise à part la catégorie « autres détaillants en alimentation spécialisés » qui recoupe une variété de commerces aux trajectoires diverses, le sous-secteur de l’épicerie et du supermarché est celui qui a connu la plus grande progression depuis 2021. Avec 3 622 établissements au Québec à la fin de 2025, leur nombre a crû en moyenne de 7,7 % par année depuis 2021. Un peu plus de la moitié d’entre eux étaient affiliés à une bannière, même si 37 % des établissements recensés par le CSMOCA étaient indépendants et qu’un 7 % supplémentaire était organisé en coopérative.
Sans surprise, les épiceries et les supermarchés forment le sous-secteur du commerce de détail alimentaire qui compte le plus d’employés par établissement. Alors que seulement 5 % de l’ensemble des commerces de détail emploient plus de 100 personnes, cette proportion atteint 15 % chez les épiciers. De même, 21 % des établissements de ce sous-secteur comptent de 50 à 99 employés, contre seulement 8 % dans l’ensemble du commerce de détail.
Précisons tout de même que les plus petits commerces employant moins de 10 employés (38 % des épiceries) ou de 10 à 19 travailleurs (13 %) ont quand même réussi à se tailler une place dans le marché québécois.
Un lent recul des dépanneurs
Au début de la décennie, le Québec comptait près de 1 000 dépanneurs de plus que d’épiceries et de supermarchés réunis. En 2025, on en comptait 535 de moins selon les données recueillies par la CSMOCA. Leur nombre a ainsi diminué d’environ 3,6 % par année depuis 2021, notamment en raison d’une baisse de leurs ventes et de leur revenu lié à la diminution de la consommation d’alcool et de tabac dans la population.
Il faut dire que le sous-secteur est aussi dominé par les indépendants (60 %), qui doivent subir la concurrence agressive des établissements associés à une bannière, lesquels représentent 34 % du marché. De plus, la relève est souvent difficile à assurer pour ce type d’entreprise. Le départ à la retraite du propriétaire fondateur entraîne parfois sa fermeture, notamment en région.
D’ailleurs, 82 % des dépanneurs emploient moins de 10 personnes, et la quasi-totalité des établissements restants comptent moins de 20 employés.
Les boulangers font lever l’épicerie spécialisée
Pris dans leur ensemble, les épiceries spécialisées ont connu une belle progression dans les cinq dernières années. On compte désormais 2 834 établissements de ce type au Québec suivant une croissance annuelle moyenne de 4,1 %. Un sous-secteur dominé par les indépendants qui y détiennent 82 % des établissements. La plupart de ces commerces (59 %) emploient moins de 10 employés, même si 7 % d’entre eux jouent sur une autre échelle, employant alors plus de 50 employés.
Les boulangeries se multiplient au Québec comme au Canada, territoires où elles ont respectivement connu une croissance annuelle moyenne de 5,3 % et de 7,3 % au cours des 5 dernières années. Le reste des marchands/transformateurs spécialisés (boucherie -1,1 %, poissonneries +0,5 %, marchés de fruits et légumes -1,6 %) voient toutefois leur nombre diminuer ou plafonner depuis le début de la décennie.
Faire plus avec moins d’employés
Globalement, l’emploi dans le secteur du commerce de détail en alimentation a stagné depuis 2021, malgré la croissance du nombre d’établissements. Au total, 119 775 personnes y travaillaient en 2025 soit 633 de moins qu’en 2021. La grande majorité d’entre eux (103 433 personnes ou 83 % des employés) travaillaient en épicerie ou en dépanneur. Les détaillants alimentaires spécialisés, bien qu’ils formaient environ le tiers des établissements, n’employaient que 16 342 personnes, soit 16 % du secteur.
Le travail à temps partiel était bien implanté dans l’industrie, seulement 38 % des employés occupant un poste à temps plein toute l’année.
Le secteur emploie presque autant de femmes (49 %) que d’hommes (51 %), mais leur répartition selon les métiers est loin d’être paritaire selon les données du CSMOCA. La plupart des femmes (80 %) occupent des postes aux caisses, agissent plus souvent comme directrice des ventes (58 %) et sont plus nombreuses à occuper le métier de boulangère (64 %). Les conducteurs de camions lourds (94 %) et de livraison à domicile (91 %), ainsi que les bouchers (90 %) et manutentionnaires (86 %) sont principalement des hommes.
La plupart des travailleurs du secteur sont peu scolarisés, 79 % d’entre eux n’ayant pas de diplôme d’études collégial ou universitaire.
La main-d’œuvre émigrante joue un rôle non négligeable dans le secteur selon le CSMOCA, mais sa présence reste moins importante que dans d’autres sous-secteurs du commerce de détail. Seulement 13 % de la main-d’œuvre est issue de l’immigration, dont 3 % n’ont pas le statut de citoyen ou de résident permanent.