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Crédit photo: Francis Hébert-Bernier
||| Économie

Grève chez Metro : les ventes en baisse de 1,5 %

30 juin 2026 | Par Francis Hebert Bernier

Depuis l’entrée en grève de près de 550 employés de Metro le 30 mars dernier, les ventes du groupe sont en baisse d’environ 1,5 % comparées à la même période l’an dernier, selon les données rendues publiques pour ses actionnaires par le groupe.

Cette baisse serait directement liée aux problèmes d’approvisionnements rencontrés durant les premières semaines du conflit par plus de 300 magasins affichant les bannières Metro, Super C et Adonis au Québec.

L’entreprise avait pourtant déployé un plan de contingence dès les premières heures du débrayage de ses employés du siège social, du centre de distribution de Laval et du département des transports syndiqués avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Toutefois celui-ci aurait pris quelques semaines avant de stabiliser complètement l’approvisionnement des magasins. Les problèmes liés à la gestion des stocks seraient maintenant chose du passé selon l’entreprise, mais les mesures de contournement augmentent en contrepartie les coûts d’opération de la chaîne. En conséquence, ses marges de profits sont affectées.

Par contre, ces mesures ont été contestées devant le tribunal administratif du travail (TAT) par le syndicat qui croit qu’elles contreviennent à la loi anti-briseurs de grève (communément appelée loi anti-scab). Une vision qui a été corroborée par des inspections du ministère du Travail réalisé au mois d’avril, mais que Metro conteste. Le dossier est toujours devant le TAT.

Cette situation devrait forcer Metro à réduire d’environ 20 % les dividendes versés à ses actionnaires pour le trimestre en cours.

Des négociations qui piétinent

L’entreprise a déposé une offre le 11 juin dernier à ses 500 employés du siège social, du centre de distribution de Laval et du département des transports syndiqués avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN). L’offre contenait des hausses de salaire « compétitives par rapport à des postes similaires sur le marché », a déclaré l’entreprise par communiqué.

Elle a été toutefois été rejetée par le syndicat le 25 juin dernier. « Après douze semaines de grève, les travailleurs et les travailleuses ne veulent pas accepter un règlement au rabais. Même si nous n’avions pas d’obligation légale en ce sens, nous avons présenté la dernière offre de l’employeur et les membres l’ont fortement rejetée. Donc, pour nous, la partie patronale devra revoir ses propositions et les bonifier en conséquence », souligne le président du syndicat, Matthieu Lafontaine.

Le syndicat a ensuite déposé une contre-offre cette semaine avec des propositions salariales bonifiées.

« Nous sommes très déçus que le syndicat nous soit revenu avec une contre-offre qui ne reflète pas du tout la réalité du marché de l’emploi pas plus qu’elle ne tient compte des besoins de compétitivité de notre industrie », a déclaré Marc Giroux, chef des opérations de Métro au magazine Progressive Grocer.

« Après 13 semaines de grève, nos priorités restent claires : servir nos clients, veiller à nos opérations et conclure une entente négociée viable à long terme aussi vite que possible », poursuit celui qui doit prendre la direction générale de l’entreprise cet automne.

Mots-clés: grande enseigne
Rémunération / Salaires
Québec