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Crédit photo: Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA)

« Mini-agences » SAQ en épicerie : un pas de plus vers l’élargissement de l’offre

3 avril 2026 | Par Bastien Durand

La SAQ veut pallier le manque d’accessibilité dans certaines zones. Pas moins de 430 agences sont déjà existantes en région. La dernier projet en date de la Société des alcools du Québec est d’augmenter sa présence dans les commerces alimentaires en zone urbaine et périurbaine dans des aires où ses succursales sont absentes. Une centaine de « mini-agences » vont ainsi faire leur apparition dans certaines épiceries selon la SAQ avec une offre de produits plus réduite après des tests jugés « concluants ».

L’objectif est d’offrir, dans des espaces restreints, une sélection de « dépannage » d’environ 30 à 100 produits, incluant des spiritueux, afin d’aller rejoindre une clientèle plus large. Le projet s’inscrit aussi dans la stratégie de la SAQ de moderniser son réseau face à l’évolution des habitudes de consommation, tout en fermant certaines succursales classiques.

Une « bonne nouvelle » pour l’industrie

« Lorsque la SAQ identifie une municipalité ou un secteur répondant à sa mission, un appel de propositions est lancé pour y établir une agence », lit-on sur le site web de la SAQ. Ce processus peut être public (si plusieurs commerces sont admissibles) ou sur invitation (si un seul commerce est admissible).

Pour prétendre être agence SAQ, les critères sont les suivants : être situé dans la zone ciblée, détenir un permis d’alcool valide (RACJ) et répondre à l’appel de propositions en fournissant l’ensemble des documents exigés, dont une copie des états financiers.

Pour Samuel Bouchard Villeneuve, directeur des Affaires publiques pour l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), « c’est évidemment une bonne nouvelle qui permet l’élargissement de l’offre ».

« C’est vraiment quelque chose qui pourrait donner beaucoup de marge de manœuvre et qui pourrait nous permettre de développer de nouveaux partenariats avec des producteurs locaux en circuits courts par exemple », confie-t-il alors que le gouvernement a récemment annoncé la création d’un comité pour repenser la législation entourant la vente d’alcool.

Les choses bougent, comme en témoignent les amendements à la loi 11, déposés par le ministre délégué à l’économie, Samuel Poulin, qui autorisent la vente de prêts-à-boire alcoolisés non préparés à base de malt dans les épiceries et dépanneurs, et non exclusivement dans les succursales SAQ.

En revanche, ce dernier regrette que la SAQ n’autorise pas tous les détaillants alimentaires, qui présentent les « bons critères », de se doter d’un kiosque. « La SAQ cible pour l’instant des secteurs qu’elle juge pertinents elle-même », assure-t-il.

Par ailleurs, il se dit surpris que Costco puisse figurer parmi les prétendants, même si l’objectif d’aller chercher le plus de clients possible reste une variable clé pour la SAQ, qui doit générer des revenus.

Dans le nouvel amendement à la loi 11, une interrogation demeure quant aux conditions d’accès à la distribution des produits de la SAQ. Samuel Bouchard Villeneuve suit de près le dévoilement de ces conditions.

Une inquiétude pour l’industrie des microdistilleries

L’Union québécoise des microdistilleries (UQMD) est préoccupée par le type d’offre qui sera disponible sur les tablettes des micro-agences SAQ. Elle s’inquiète notamment de la prédominance potentielle des produits internationaux, « plus faciles à vendre », au détriment des produits locaux.

C’est aussi une alerte que soulève l’ADA. « Alors que le coût d’entrée pour prétendre à être vendu à la SAQ est élevé, cela pourrait accentuer la concentration des ventes sur quelques références au détriment de la diversité de l’offre et du développement des produits québécois », soutient Samuel Bouchard Villeneuve.

« Si la SAQ choisit d’élargir son empreinte dans le commerce de détail, elle a la responsabilité de s’assurer que cette stratégie ne se fasse pas au détriment des producteurs d’ici », conclut le président de l’UQMD, Nicolas Bériault dans une entrevue au Journal de Montréal.