Feu vert pour tous les prêts-à-boire en épicerie
Québec met fin au monopole de la SAQ pour la vente de prêts-à-boire à base d’alcool distillé. Le ministre délégué à l’Économie et aux PME, Samuel Poulin, a annoncé hier lors de la présentation des amendements à son projet de loi 11 sur l’allégement réglementaire, que les prêts-à-boire à base de gin, vodka, rhum ou autres spiritueux pourront prochainement être vendus en épicerie et dans les dépanneurs. La société d’Etat demeure toutefois grossiste pour ces autres détaillants.
« L’élargissement de l’offre est une bonne nouvelle »
L’industrie se prépare pour une entrée en vigueur dans un mois. Pour Pierre-Alexandre Blouin, PDG de l’Association des détaillants en alimentation du Québec, « l’élargissement de l’offre est une bonne nouvelle ».
Présentement, au Québec, les prêts-à-boire vendus dans les dépanneurs et les épiceries sont différents de ceux offerts à la SAQ qui a le monopole. Les deux types de prêts-à-boire peuvent contenir le même taux d’alcool (maximum de 7 %), mais ceux qu’on trouve hors SAQ sont faits à base de malt.
Les épiceries et dépanneurs peuvent donc désormais vendre des cocktails en canette auparavant exclusifs à la SAQ, et pas seulement ceux à base de malt. Pour les épiciers, c’est une perspective très intéressante car le segment est en forte demande et les consommateurs se tournent davantage vers les produits à base d’alcool distillé que ceux à base de malt.
En permettant leur vente en épicerie, le gouvernement adapte la réglementation aux nouvelles tendances de consommation. Selon un récent sondage Léger réalisé pour le compte de Spiritueux Canada, 91 % des consommateurs réguliers appuient la vente de ces produits en épicerie et en dépanneur.
« Cette décision répond à une attente claire des consommateurs québécois, qui souhaitent plus de choix, de cohérence et un accès simplifié à des produits comparables en alcool et en format, a réagit Cédric Salibi, vice-président principal, politiques et analyse chez Spiritueux Canada.
Un enjeu de prix
La bonne nouvelle s’accompagne toutefois d’une interrogation. La SAQ restant le distributeur principal, les prix des produits en épicerie pourrait inclure une majoration pour compenser les frais de la société d’État.
Le ministre se dédouane sur ce point. « C’est à l’entreprise qui fabrique les boissons alcoolisées de faire ses discussions avec la SAQ et avec les détaillants alimentaires. Moi, mon rôle est celui de légiférer. Je crois au libre marché, je crois à la libre entreprise ».