Bonbons O’Sweetz enrichit sa gamme de fruits lyophilisés enrobés de chocolat
Déjà près d’un an que Bonbons O’Sweetz a créé sa propre marque de fruits lyophilisés enrobés de chocolat. Si la fraise déclinée en chocolat noir ou au lait continue de séduire les consommateurs, la banane lyophilisée enrobée de chocolat au lait arrivera prochainement sur les tablettes des épiceries.
« Pourquoi la banane ? Parce que dans une fondue au chocolat, j’avoue que c’est mon fruit favori, donc c’est vraiment moi qui ai influencé ce choix. Dans un monde idéal, j’aurais lancé la banane avant les fraises, mais la fraise était plus consensuelle au Québec. C’est vraiment un coup de cœur personnel. Je trouve que le mariage banane et chocolat est fantastique. C’est aussi simple que ça », explique Guillaume Doucet, fondateur de l’entreprise.
Du e-commerce au retail
En 2021, Guillaume Doucet est président d’une agence de marketing numérique. À la suite de l’échec d’une fusion avec une autre agence, il se retrouve avec un peu plus d’employés que nécessaire. Pour éviter des licenciements, il cherche des solutions et a l’idée de lancer un concept de commerce électronique.
« À ce moment-là, les bonbons exotiques prenaient leur essor sur les réseaux sociaux. Donc, on a lancé la vente en ligne de bonbons exotiques qui venaient de partout, de France, de Chine, et autres. On vendait des boîtes thématiques avec toutes sortes de snack coréens. On continue d’ailleurs à en vendre », spécifie l’homme d’affaires.
C’est lors d’une de ces importations nipponnes que Guillaume Doucet découvre de grosses fraises enrobées de chocolat.
« Ça a été vraiment un grand coup de cœur parce que le goût de la fraise était prononcé. Ce n’était pas un goût artificiel, c’était une vraie fraise. Et le chocolat venait adoucir un peu l’acidité du fruit. Je trouvais que le mélange était parfait et que c’était un beau créneau à exploiter. »
Un an et demi plus tard, l’entreprise décide de revoir son modèle d’affaires afin de développer sa propre marque. Beaucoup de recherche et développement seront toutefois nécessaires pour mettre au point les fraises enrobées de chocolat.
« Notre produit se positionne quelque part entre la confiserie traditionnelle et le snack très haut de gamme qu’on pourrait retrouver en pâtisserie. On utilise de vrais fruits et un chocolat de qualité fabriqué au Québec. »
Contrairement aux méthodes de déshydratation traditionnelles utilisant la chaleur, la lyophilisation permet de préserver une grande partie des qualités nutritionnelles du fruit, tout en conservant beaucoup mieux sa couleur, ses arômes et sa structure.
« Une fraise déshydratée va s’aplatir et la texture n’est plus la même tandis qu’une fraise lyophilisée garde son volume et devient croustillante, puis fondante en même temps, donc on croque dans le fruit puis ça fond en bouche. C’est un peu la texture d’une meringue si on veut. L’enrobage au chocolat, c’est notre petite twist en plus », sourit Guillaume Doucet.
Actuellement, l’usine dispose d’une capacité de production déterminée, mais selon les tâches et ses besoins, elle fait appel à de la sous-traitance.
« C’est un produit qui est difficilement automatisable à 100 % à cause des fraises. On a déjà fait affaires à plus de 6 fournisseurs pour trouver le meilleur calibrage. Le tri des fruits se fait à notre usine et une partie de lyophilisation aussi », déclare le fondateur.
L’enrobage au chocolat est actuellement confié à un partenaire externe. À terme, O’Sweetz aimerait rapatrier cette étape à l’interne afin d’avoir davantage de contrôle sur l’ensemble du processus de production.
Revaloriser les pertes
L’entreprise travaille sur une version 100 % québécoise de ses fraises enrobées de chocolat, mais se heurte à la calibration de la fraise québécoise.
« Quand on achète un lot de fraises, on doit les trier entre les trop petites et les hors norme. Ensuite, après l’étape d’enrobage de chocolat, il y a celles qui sont mal enrobées. Pour ces fraises qu’on ne peut pas vendre, on a trouvé un débouché. On les hache dans de grosses machines, puis on vend ce produit aux crémeries qui l’utilisent pour parfumer les crèmes glacées ou autre », explique Guillaume Doucet.
Les fraises lyophilisées sont fragiles et donc, friables. Durant le transport vers l’enrobage, certaines s’entrechoquent et se trouvent réduites en poudre.
« Cette poudre, c’est vraiment de la fraise à 100 %. Là aussi, on a trouvé un débouché. On la vend telle quelle sur le site Web, mais on a aussi des boulangeries et des pâtisseries qui en recherchent. Ça sert à aromatiser un smoothie, un yaourt, un dessert. La demande est tellement forte en ce moment qu’on en produit exprès » ajoute-t-il.
Trois jours avant le lancement officiel des fraises enrobées de chocolat, l’équipe réalise qu’il y a une belle coquille sur l’emballage : « vrai fruits » écrit « vrai » sans s.
Une petite ironie du sort pour Guillaume Doucet, dont la mère est prof de français. L’entrepreneur joue alors la carte de la transparence et raconte cette mésaventure sur les réseaux sociaux. Ce serait dommage de mettre toutes ces fraises à la poubelle pour une petite faute d’orthographe, ironise-t-il.
« Ça a fait le buzz et on a vendu 12 000 sacs en 6 semaines ! Après, comme on a eu des très bons commentaires des clients, on a commencé à regarder du côté retail », relate Guillaume Doucet.
La tâche s’avère beaucoup plus facile pour la lyophilisation de la banane. Calibrage du fruit très facile et packaging vérifié cette fois à la loupe, assure l’homme d’affaires.
« Aujourd’hui, il y a des épiceries qui tournent entre 12 et 16 unités par semaine pendant les mois qui suivent une dégustation en magasin. Et notre produit est disponible en entrepôt Sobeys pour que toutes les bannières de la marque puissent s’y approvisionner », conclut le fondateur de O’Sweetz.
Avec près de 350 points de vente, la marque vise à consolider sa place au Québec avant de se déployer au Canada anglophone. Elle nourrit également l’ambition de se faire connaître en Europe. Pour Bonbons O’Sweetz, la banane n’est d’ailleurs qu’une prochaine étape : l’entreprise souhaite continuer à développer sa gamme autour de la lyophilisation et faire de cette catégorie l’un des principaux moteurs de sa croissance.