brightness_4
brightness_4
Crédit photo: via Freepik.com

Travailleurs étrangers temporaires : les représentants de l’industrie se mobilisent

14 mai 2026 | Par Bastien Durand

Pour insister sur l’urgence du sujet, c’est sous l’égide du Conseil du patronat du Québec (CPQ) en compagnie d’autres secteurs d’activité que les représentants de l’industrie du détail se sont réunis, ce matin, pour inviter les gouvernements provincial et fédéral à revoir leur copie concernant les conditions de renouvellement des visas pour les travailleurs étrangers temporaires, vivier important de main-d’oeuvre dans les commerces d’alimentation.

« Dans toutes les régions du Québec, les entreprises font encore face à des besoins criants de main-d’oeuvre, et pourtant des travailleurs, déjà présents ici, déjà formés, déjà intégrés dans les milieux de travail et dans les communautés doivent quitter leur emploi parce que les programmes actuels ne permettent pas de les retenir », note Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ en guise d’introduction.

Profiter des ajustements fédéraux

Le message porté est « simple et pragmatique ». Le CPQ et les 18 associations sectorielles représentées proposent au gouvernement québécois de profiter de l’espace créé par les récents ajustements fédéraux* pour les employeurs situés dans les « régions rurales », à savoir conserver la proportion de travailleurs étrangers temporaires actuels, pour revoir rapidement les seuils du programme de l’expérience québécoise.

« L’objectif sera ainsi, dans les deux prochaines années, de retenir au moins 10 000 travailleurs supplémentaires par an qui sont déjà intégrés et présents sur le territoire », souligne Michelle LLambías Meunier.

Au gouvernement fédéral, le CPQ demande des ajustements du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) afin que les entreprises puissent renouveler le permis de travail des travailleurs déjà insérés au Québec, peu importe la région. Ce qui implique d’inclure les régions métropolitaines de recensement du Grand Montréal, de Québec mais aussi de Sherbrooke.

Michel Rochette, président du Conseil canadien du commerce de détail au Québec met en avant le détail comme un « secteur d’intégration et de socialisation pour des gens qui viennent d’ailleurs ».

Par ailleurs, il souligne la perte continue des commerces de proximité dans beaucoup de municipalités québécoises, souvent en zone rurale, mais pas uniquement. « Les déserts alimentaires ont doublé en vingt ans dans la province… c’est réel ! », appuie-t-il.

« Le PTET est déjà lourd à utiliser, on devrait, au lieu de parler de sa survie, parler de le rendre plus flexible, pour faciliter les démarches administratives. Le programme permet une adéquation parfaite entre l’offre et la demande et les personnes qui arrivent ici ont déjà une offre d’emploi », insiste Michel Rochette.

L’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA) insiste sur la problématique de rétention de la main-d’œuvre, propre au secteur. « Concrètement, on parle de boulangers, de bouchers, etc. On parle de gens qui prennent des rôles essentiels dans nos épiceries, se forment en interne, évoluent avec leurs collègues », explique Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général de l’ADA.

« On veut prolonger le séjour des Québécois d’adoption, peu importe l’acronyme du programme », plaide-t-il.

*Du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, les employeurs situés dans les régions rurales des provinces et territoires participants — c’est-à-dire les régions se trouvant à l’extérieur des régions métropolitaines de recensement (RMR) — pourraient être admissibles à des mesures temporaires pour certains postes à bas salaire. « Régions rurales » désignent les régions situées à l’extérieur des RMR, comme déterminées par Statistique Canada.

Mots-clés: Québec