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Les fruits et légumes, la viande, les fruits de mer, les produits laitiers et les plats préparés sont des facteurs clés d’attractivité et de différenciation des marques. Selon des données sur le marché américain publiées dans The Food Retailing Industry Speaks 2025, plus de 40 % des ventes en épicerie de produits alimentaires correspondaient à des produits frais, en 2024. Des données récentes de Nielsen IQ au Canada montrent que les produits surgelés et le prêt-à-manger restent des valeurs sûres en magasin.
Les détaillants alimentaires traversent une transition complexe entre la réglementation énergétique et l’évolution rapide des choix des consommateurs. Pour aller au-devant de ces changements, il faut repenser tant le rendement que la durabilité de l’équipement.
Un choix de matériel de réfrigération fiable, efficace, attrayant et utilisant des fluides frigorigènes de nouvelle génération permet de répondre aux attentes de la clientèle tout en maintenant la rentabilité.
Miser sur la flexibilité et optimiser l’espace
Le dernier rapport C-Stores Refrigeration Strategies publié en février par le site spécialisé Convenience Store News and Petroleum (CSP) propose des pistes concrètes tirées d’un sondage mené auprès de plus de 120 détaillants pour optimiser le stockage frigorifique et améliorer l’efficacité énergétique en milieu commercial. Selon le rapport, 56 % des détaillants interrogés pensent à ajouter ou améliorer l’efficacité de leurs appareils de réfrigération pour mieux répondre aux besoins des consommateurs.
Le principal potentiel se trouve dans les installations qui simplifient l’accès des clients et offrent une présentation plus flexible des produits. Dans l’étude, 90 % des répondants déclarent que la flexibilité des appareils frigorifiques était au moins « assez importante » dans leur commerce. Et 54 % d’entre eux l’ont qualifiée de « très importante ».
Cette flexibilité repose sur la possibilité de déplacer facilement les réfrigérateurs, congélateurs et vitrines réfrigérées en magasin pour en modifier l’agencement en fonction des rabais ou des variations de fréquentation.
Cette polyvalence est importante au moment de l’acquisition. Pour gagner en flexibilité dans la présentation des produits, les détaillants peuvent opter pour des équipements autonomes qui intègrent tous les composants essentiels (condenseur, compresseur, évaporateur et conduites de réfrigérant) dans une même armoire.
Plus économiques à l’installation et à l’entretien, ces systèmes autonomes confèrent davantage de flexibilité aux vitrines réfrigérées et aux petits congélateurs. D’un autre côté, les équipements « déportés », dont le condenseur et le compresseur sont installés à l’extérieur du commerce plutôt qu’avec l’évaporateur, présentent des avantages. Dans un petit magasin, ils permettent de réduire le bruit, notamment.
L’agencement mise désormais sur la hauteur. En monopolisant inutilement le précieux espace au sol et en dissimulant les produits stockés au fond, le traditionnel congélateur-coffre horizontal pénalise la rentabilité. Le passage au vertical, avec des portes vitrées, augmente la surface d’exposition sans prendre plus de place au sol. Cette densification permet également d’augmenter le choix des produits dans une catégorie et d’en introduire de nouvelles. On peut penser au prêt-à-manger haut de gamme ou aux substituts végétaux.
Attirer les consommateurs
Quel que soit l’équilibre choisi entre équipements autonomes et déportés, les détaillants et les dépanneurs recherchent des réfrigérateurs qui mettent leur offre en valeur et facilitent la décision d’achat des clients. À l’épicerie, « les consommateurs mangent avec les yeux ». Si les fabricants soignent l’emballage et le design de leurs produits, le détaillant doit les présenter sous leur meilleur jour.
Les réfrigérateurs jouent ici un rôle crucial, surtout leur éclairage, qui influence directement les ventes des produits frais, selon plusieurs études. Il met les produits en valeur et attire le regard.
La technologie évolue, et l’éclairage DEL s’impose désormais. Il procure à la fois une lumière attrayante et des économies d’énergie. De plus, des spots orientables permettent d’ajuster le flux lumineux selon les besoins ou de mettre certains produits en vedette.
L’optimisation des espaces réfrigérés permet également aux exploitants d’élargir leur offre de produits frais, comme le signalent plus de 30 % des détaillants interrogés.
La majorité des détaillants estiment que leur « stratégie » de réfrigération correspond à l’assortiment actuellement offert en magasin. En revanche, les espaces libre-service, de type grab and go d’aliments chauds ou froids, sont les prochains investissements sur la liste des exploitants, si ce n’est pas déjà fait. L’ajout d’espace pour accueillir davantage de boissons prêtes à boire suit de près. Pour les dépanneurs en particulier, elles génèrent une part significative des ventes.
La demande accrue en produits alimentaires en libre-service et à emporter nécessite des vitrines et des présentoirs flexibles et ouverts. C’est assurément un axe de croissance pour les détaillants.
S’aider de la technologie
Les dernières avancées en réfrigération suscitent un intérêt marqué des exploitants, notamment en matière de connectivité et d’automatisation. Selon l’enquête de CSP, une très large majorité de détaillants (97 %) déclarent que la technologie de pointe peut jouer un rôle clé pour améliorer leurs opérations.
Précisément, plus de deux sur cinq (42 %) se sont dits intéressés par la surveillance à distance de leurs systèmes de réfrigération. Cet intérêt s’étend à des technologies connexes, comme la maintenance prédictive et le suivi automatisé des stocks en vitrine réfrigérée, que 32 % des répondants placent dans leurs objectifs d’investissement. Par ailleurs, 36 % des détaillants se montrent intéressés par des affichages dynamiques pour réfrigérateurs et congélateurs, qui permettraient des stratégies marketing plus élaborées.
La maintenance du matériel de réfrigération est un défi souligné par de nombreux exploitants. L’intelligence artificielle permet désormais d’anticiper les pannes grâce à la maintenance prédictive. Elle promet des améliorations significatives de la fiabilité du système, de sa rentabilité et de son fonctionnement global. Cependant, ces systèmes, qui incluent des capteurs de pointe (température intérieure, température d’entrée de l’évaporateur, cycles du compresseur, etc.) sont coûteux et impliquent une formation technique en amont.
Le succès des magasins dépend de systèmes de réfrigération performants qui préservent l’attrait et la salubrité des aliments, tout en améliorant l’efficacité énergétique et en soutenant le développement durable. Les compresseurs de nouvelle génération et les rideaux d’air intelligents peuvent réduire la consommation électrique de 35 % à 50 %. Les détaillants qui s’informent et s’adaptent dès maintenant peuvent garder une longueur d’avance sur les tendances et la réglementation (comme le Règlement sur les halocarbures*), tout en restant à l’écoute des consommateurs.
Pour tenir tête aux grandes bannières et s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation, l’épicier de proximité doit transformer sa surface de vente en showroom de fraîcheur. Ce n’est pas un luxe esthétique, mais une décision stratégique. La technologie le permet.
*Les systèmes de réfrigération d’épicerie utilisant des halocarbures (HFC, HCFC) sont régis au Québec par le Règlement sur les halocarbures (Q-2, r. 29) et au fédéral par le Règlement fédéral sur les halocarbures (2022).
La SORAC se déploie pour reprendre les appareils en fin de vie
Que faire des réfrigérateurs défectueux ou en fin de vie ? La réglementation a évolué, avec l’instauration de la responsabilité élargie des producteurs (REP) mise en place par le gouvernement provincial. Dans ce cadre, le Règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises, modifié en 2022, prévoit de réduire les quantités de matières résiduelles en responsabilisant les entreprises.
Les systèmes de réfrigération sont évidemment des produits touchés par ce règlement. Alors que beaucoup d’exploitants font appel à des frigoristes pour reprendre leurs appareils, la Société de récupération des appareils commerciaux (SORAC), en partenariat avec Recyc-Québec, a pour mandat de prendre gratuitement en charge les appareils en fin de vie pour répondre à cette nouvelle exigence.
« Toutes les entreprises qui mettent en marché ces types d’appareils doivent être membres de la SORAC », indique Nathalie Desjardins, directrice générale de la SORAC. Si les détaillants ne mettent pas directement en marché les appareils, ils font affaire avec des fournisseurs. Les grandes bannières comme Metro et Loblaw sont déjà membres de l’association.
La réglementation cible les appareils les plus nocifs pour l’environnement, dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Tous les appareils de moins de 400 kg et qui ne font pas partie intégrante des bâtiments sont concernés », précise-t-elle. Les systèmes de climatisation et les chambres froides ne sont pas visés, car on considère qu’ils font partie du bâtiment.
La plupart des appareils utilisés en épicerie ont des compresseurs non intégrés, dont certains peuvent atteindre 12 pieds de long. Il faut donc les récupérer, les transporter et les démonter, en portant une attention particulière aux gaz présents, notamment dans la tuyauterie et les mousses isolantes. « Pour les gros appareils, nous dépêchons une équipe logistique spécialisée », explique Nathalie Desjardins. Si, jusqu’à présent, la SORAC se concentrait sur les appareils à compresseur intégré, elle se déploie petit à petit pour gérer aussi les appareils sans compresseur.
À long terme, l’ambition de la SORAC et du ministère est d’ajouter le volet réemploi. « Cela nécessite des diagnostics approfondis des appareils ; c’est complexe, mais très important d’aller dans cette direction », soutient Nathalie Desjardins.
Pour devenir membre de la SORAC, avoir plus d’informations sur la réglementation et savoir si vos appareils sont visés par le Règlement, visitez le site sorac.ca.